Petit Train de la Rhune sur ses rails à crémaillère

Depuis 1924, le Petit Train de la Rhune emporte ses passagers depuis le col de Saint-Ignace (158 m) jusqu'au sommet de la Rhune (905 m), la plus haute montagne basque française. Ce train à crémaillère à voie métrique, mû à la vapeur lors de ses premières années, est aujourd'hui l'un des sites touristiques les plus visités des Pyrénées-Atlantiques.

La montagne sacrée des Basques

La Rhune, ou Larrun en basque, est bien plus qu'un simple sommet. Frontière naturelle entre la France et l'Espagne, elle domine la Côte Basque et offre par temps clair un panorama embrassant à la fois l'Océan Atlantique, les Pyrénées et une partie de la Navarre espagnole.

La montagne est habitée depuis des millénaires — des vestiges mégalithiques et des cromlechs (cercles de pierres) témoignent d'une présence humaine protohistorique. Aujourd'hui encore, des troupeaux de pottoks, petits chevaux sauvages emblématiques du Pays Basque, paissent librement sur ses pentes.

C'est cette richesse naturelle et culturelle qui poussa les entrepreneurs locaux à développer un accès touristique au sommet au début du XXe siècle. La solution ferroviaire s'imposa rapidement comme la plus adaptée à la pente du terrain.

Construction et technique

La ligne de 4,2 km fut construite entre 1922 et 1924 par la Compagnie du Chemin de fer à crémaillère de la Rhune. La pente maximale atteint 220 pour mille, soit une inclinaison de 22 %, ce qui rend le système à crémaillère absolument indispensable. Sans cette dentelure centrale sur laquelle s'engrenent les pignons de la locomotive, aucun train ordinaire ne pourrait gravir ni descendre en sécurité.

Le système de crémaillère utilisé est le système Strub, le même que celui du Jungfraujoch en Suisse. La crémaillère est posée sur un seul rail central entre les deux rails porteurs.

Les wagons d'origine, construits par les Ateliers de la Meuse en Belgique, ont été entièrement rénovés tout en conservant leur esthétique d'époque. Les rames actuelles peuvent transporter une soixantaine de passagers et fonctionnent à l'électricité depuis les années 1950.

Le trajet et le sommet

Le départ s'effectue depuis la gare du col de Saint-Ignace, facilement accessible depuis Ascain ou Saint-Jean-de-Luz. Le trajet dure environ 35 minutes, pendant lesquels le paysage se transforme progressivement : la végétation passe des fougères et des ajoncs aux landes à bruyère, puis aux rochers nus du sommet.

Au sommet de la Rhune se trouvent la borne frontière franco-espagnole n°1, un relais de télévision, plusieurs antennes et un restaurant panoramique. La vue embrasse la côte de Biarritz à Saint-Sébastien, les massifs de la Navarre et, par temps clair, jusqu'aux sommets du Vignemale.

La faune et la flore

La Rhune est classée en zone Natura 2000. Outre les pottoks et les brebis manex tête noire, on peut observer des vautours fauves en cercle dans les thermaques, ainsi qu'une avifaune remarquable incluant le vautour percnoptère et l'aigle royal.

Informations pratiques

Caractéristique Détail
Longueur de la ligne 4,2 km
Départ Col de Saint-Ignace, 158 m
Sommet La Rhune, 905 m
Dénivelé 747 m
Pente maximale 220 ‰ (22 %)
Durée du trajet ~35 minutes
Saison d'exploitation De fin mars à fin novembre

Les réservations sont vivement recommandées en juillet et août, la ligne étant très fréquentée pendant l'été. Le site officiel rhune.com propose la billetterie en ligne. La gare du col de Saint-Ignace dispose d'un parking payant.